mercredi, 29 mars 2006
constitutionnellement
Je ne résiste pas à la tentation du copier-coller, surtout quand le texte est rédigé par quelqu'un de nettement plus "pro" que moi, j'ai nommé le secrétaire national de mon parti à moi et quelques autres: oui, je sais, il est moins médiatique que le charmant petit Besancenot, d'ailleurs, il n'est pas facteur, mais ce qu'il dit est tellement évident que je me demande même pourquoi c'est nécessaire?
Vas y, Daniel, chauffe!
En apparence, ce 28 mars au soir, la situation semble bloquée.
“ En haut ”, d’heure en heure, ceux qui gouvernent semblent frappés de paralysie. Tétanisés par la vague de millions et de millions qui exigent le retrait du CPE, mais préoccupés avant tout de leur avenir présidentiable. Sur l’autel de ces appétits et des rivalités inexpiables qu’ils alimentent, ils sont prêts à tout sacrifier. Jusqu’où iront ces apprentis sorciers ?
“ En bas ”, trois millions de manifestants ce 28 mars. Des millions de grévistes. Les jeunes et les moins jeunes, étudiants, lycéens et salariés, avec les organisations, en un flot ininterrompu disent : nous n’acceptons pas l’inacceptable !
C’était pourtant ce 28 mars, après le 7 mars, le 16 mars, le 18 mars, le 23 mars… et chaque fois le flot ne fait que grossir. Et pourtant, tout avait été fait pour user, épuiser, “ pourrir ” la mobilisation. Mais en vain.
En apparence, c’est l’impasse. Comment en sortir ?
Vitupérant ces manifestations, l’organe des capitalistes nord-américains, le Wall Street Journal, estime que la France “ perd le droit de se nommer une République démocratique ”.
La démocratie ? Parlons-en. La France est un pays de vieille tradition démocratique. La Constitution de l’an I de la Révolution (1793) est présentée par les spécialistes comme “ un exemple et un modèle pour les démocrates ”. (1)
Cette constitution stipulait : “ Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures (article 28) ” et encore : “ Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs (article 35) ”.
Alors, oui, est profondément démocratique le refus de la jeunesse (la génération future) d’être assujettie à l’esclavage par un gouvernement isolé et rejeté. Oui, est profondément démocratique la mobilisation de millions et de millions contre la violation des droits que constitue la remise en cause du Code du travail, du CDI, des conventions collectives et des statuts.
Le CPE doit être retiré, maintenant, tout de suite. C’est bien une question de démocratie.
Pour notre part, chacun le sait, nous sommes partisans de la rupture avec l’Union européenne conformément au vote du 29 mai dernier. Comme nous sommes partisans de l’élection d’une Assemblée constituante souveraine par laquelle le peuple dessinera lui-même les contours et le contenu de la démocratie.
Mais cela n’est pas l’ordre du jour immédiat.
De manière immédiate et préalable, si l’on ne veut pas s’enfoncer dans une impasse dont les conséquences pourraient être tragiques, il faut que la démocratie soit respectée.
C'est une question qui ne peut plus être différée : le CPE doit être retiré.
C’est maintenant, c’est tout de suite
Daniel Gluckstein
(1) Les Constitutions de la France depuis 1789, édition Garnier-Fl.
20:46 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note


Commentaires
Je ne suis pas historien, mais un tel jacobinisme me semble directement hérité de la Révolution, où les élus se sentaient à 100% représentants du peuple parce qu'élus. Ils étaient persuadés que leur statut d'élu les faisait s'exprimer par la "voix de la nation".
Pour Villepin qui n'a jamais connu l'épreuve du suffrage universel, ni vraiment la France (il a passé son temps à l'étranger, et n'est rentré que pour s'installer sous les ors de la République), la situation n'en est que plus caricaturale.
Au moins, ce type ne nous a jamais parlé de la "France d'en bas" : il y a encore peu, il ignorait jusqu'à son existence. Le mépris qu'il affiche à l'égard du Parlement n'en est que le triste reflet.
Ecrit par : Just Dumb | jeudi, 30 mars 2006
pour la 1ère partie de ta réponse, je ne vois pas en quoi ça pose problème: bien sur, la révolution française n'est pas exemplaire en tout, il faut aussi voir d'où ils venaient!mais actuellement, y a-t-il une autre issue que de construire une vraie assemblée avec de "vraies" forces de gauche?les conquêtes sociales dont nous bénéficions (pour combien de temps?) aujourd'hui ont toujours été amorcées par des minorités....et ce fameux capitalisme à visage humain n'est qu'une foutaise et nous en sommes les victimes; j'ai décidé de ne plus être une victime passive, c'est tout.
Ecrit par : clandestine | jeudi, 30 mars 2006
Ce n'est pas un problème en soi, juste une réalité historique : les hommes politiques français (de quelque côté qu'ils se situent) n'arrivent pas à se démarquer de ce jacobinisme, rien de plus.
Pour le capitalisme à visage humain, je n'y crois guère non plus, mais pour des raisons différentes des tiennes : je trouve juste que c'est l'être humain qui finalement n'a guère viisage humain...
Ecrit par : Just Dumb | vendredi, 31 mars 2006
c'est bien pour ça que certains (es) essaient de créer une autre politique....;quant à l'être humain.......
Ecrit par : clandestine | vendredi, 31 mars 2006
Une autre politique ? Depuis Platon, tout le monde s'y essaie...
Ecrit par : Just Dumb | samedi, 01 avril 2006
et certains ont réussi, sans ça, nous serions au fond d'une mine, ou à ramasser des cailloux pour gagner un quignon de pain (complet certes).
Ecrit par : clandestine | samedi, 01 avril 2006
Nous ne sommes plus au fond de la mine, certes, mais pas depuis si longtemps. De plus, la majorité de l'humanité vit encore ainsi, à se battre pour un quignon de pain.
Ecrit par : Just Dumb | dimanche, 02 avril 2006
Ah oui, Gluckstein.. Le prof dhistoire du PT...
En Droit Consti, on a étudié cette constitution. Elle prévoit également que la rétroactivité des lois est un crime constitutionnel (Pascal Clément, si tu nous entends...), elle prévoit des conditions de naturalisation hallucinantes (quelque chose comme "quiconque achète une terre, ou adopte un enfant, ou nourrit un vieilliard, peut devenir citoyen Français").
Bref. Je n'essaie pas d'étaler mon savoir, mais cette Constitution remise au goût du jour, ça déchirerait pas mal.
Ecrit par : Morand | dimanche, 02 avril 2006
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