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samedi, 29 avril 2006

même pas peur

Hier soir, à la naissance d'une longue nuit que je ne raconterai pas, des fois que mon blog soit relié à la place Beauveau, chabadabada arrête sa voiture devant la poste: pour que je puisse retirer des sous, j'avais décidé de payer ma tournée, donc.
Devant la machine à faire sortir les billets du mur, un mec. jeune, enfin, je crois, on ne voit pas grand chose, pas à cause du rhum, je n'avais pas commencé, à cause de l'éclairage urbain défaillant. Un mec qui fait des mouvements au ralenti, regarde l'appareil sans y toucher, bref un mec bizarre. Moi, je ne dis rien, pas question de jouer les trouillardes, chacun ses fiertés. Dans la voiture, il y a K. aussi, oui, maintenant, je suis passée au stade: présentation des amis (pour la belle-mère, j'envisage d'attendre un peu, mais pour le chat, c'est fait aussi). Et dans la voiture, ça marmonne virilement "qu'est ce qu'il fout celui-là": ah, alors, je peux me et leur de mander si je peux y aller. L'homme, superbe et généreux, me confirme qu'"ils sont là".
Le mec est toujours planté devant le truc, je demande poliment:
-ça ne marche pas?
-si, mais il veut rien me donner (speed)
Je sais plus, je ne réfléchis pas, je ne décide pas, je dis juste:
-tu veux une cigarette?
-non, c'est bon (encore plus speed)
Je me plaque au truc, je sens sa présence, il y a un élément déroutant, par moments, je ne sens rien, et pourtant il est là.Je retire mon argent de poche en vitesse, pas d'erreur de bouton, en quelques petites secondes, j'ai à nouveau le sac à l'épaule, je repars vers la voiture. Dans la voiture, ça remarmonne, ça laisse entendre que je ne risquais rien parce qu'"ils étaient là", moi, je ne dis rien, je pense que j'ai oublié de rappeler T.
Et puis, plus tard dans la nuit, l'homme énervé comme ça, tout d'un coup: mais qu'est ce que tu lui as raconté, au type de la poste. J'explique. L'homme a des yeux comme des soucoupes pas volantes, il insiste, il a recommencé à sourire, ce sourire-là, c'est quelque chose, il veut savoir pourquoi.
Euh, je sais pas. Je cherche une explication sensée, mais il est très tard, très tôt quoi, je ne dois pas être crédible, de toute façon, c'est passé.
On n'en a plus parlé.

jeudi, 27 avril 2006

pas argh

Standard peut-être mais....rattrapage réussi. Journée 18 sur 20 (20 c'est pas possible, tout le monde sait ça).
Je ne parle pas des activités politiques, de ce côté là, c'est un peu le fiasco: dans le Haut-var, c'est clair, on préfère les acheteurs d'Europe du nord à la démocratie de la France d'en bas je parle de NOTRE journée, sur les petites routes de la Provence verte, de la musique dans la voiture, des portables qui ne passaient pas et c'était très bien, du déjeuner (aux chandelles, il a demandé) dans cet endroit-là:

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Et pour finir en beauté, apéro chez moi, avec présentation de la Princesse et du Fiston (qui ont été parfaits, pas de ricanements déplacés, ni de remarques insolentes).
Et ce soir? ben, ce soir, en bonne sauvage civilisée, je suis fort satisfaite d'être sans homme, au milieu de mon foutoir familial; et puis, il faut bien qu'il aille ricaner avec SES copains.....
Et le "lointain"? ben, comme son nom l'indique....On verra demain ou après-demain: on a toute la vie.

argh

Hier soir, repas entre filles: madiran, plein de délicieuses calories, bousculade pour fumer sur le balcon (appart non fumeur(se)), et bien sûr, beaucoup de sujets à base de gente masculine. Pendant les agapes, intrusion de mon portable: chabadabada. Commentaires sarcastiques mais attendris des copines, je m'isole dignement: cet homme inestimable me propose pour aujourd'hui une balade dans les collines varoises. Balade à destination politique, certes (rencontre des maires), mais balade quand même, avec proposition de pauses bucoliques.
Pas d'hésitation possible, le rendez-vous est fixé à 9h30 ce matin. Donc, ce matin, lever à l'aube (8h00) pour avoir le temps de repasser mon ensemble en lin décolleté-mais-pas-trop, choisir le collier qui fera oublier le premier coup de soleil de la saison, avaler 2 dolipranes pour chasser les effets secondaires du madiran, etc.
9h00, je rerouve mon portable dans la salle de bains (normal).Message:l'homme a "vu" ses copains hier soir, ne s'est pas réveillé, reporte à 10h30. Je résiste à l'envie furieuse d'appuyer sur la touche 5 (vous allez être mis en relation avec le 06machintruc) et de l'incendier pour lui dire que: j'aurais pu dormir une heure d plus, je suis magnifique maintenant, mais dans une heure, je le serai beaucoup moins, bref, je le déteste.
Je crois que je vais changer de maquillage.
et en plus, il fait même pas beau.

mardi, 25 avril 2006

boum, quand votre ***** fait boum

Hier soir, j'avais décidé d'arrêter de me répandre sur mes démêlés (quelque peu emmêlés) sentimentaux: le terme "sentimentaux" recouvrant assez maladroitement un océan d'émotions, confusions, sensations, bref plein de choses qui finissent par "ion". Je m'étais déchainée, parce que faisait un moment que je n'avais pas hurlé, et ça me manquait un peu, sur la nouvelle "boutique équitable" , la conclusion étant qu'on est dans un monde où il y en a qui sont beaucoup plus équitables que d'autres (pour plagier un certain Michel Colucci).
Malheureusement, au moment d'enregistrer, je pense à autre chose (quoi, je ne sais plus) et hop, je supprime!
Et puis, ce matin, un mail dans ma boite, c'est reparti, un 2ème café, ohlala.
Parce que:
le "lointain", celui que je croyais avoir dignement zappé n'est finalement pas si lointain, et, damned, ça ne me laisse pas du tout, mais alors pas du tout indifférente. Pas ma faute, je suis comme le chat, j'ai le ronronnement facile
le "proche": dans un grand élan de respectabilité, j'ai passé la soirée d'hier, à concocter l'entretien décisif et néanmoins courtois auquel j'allais le convier. Oui, mais. Il y a le mail de ce matin: je fonds, un chamallow sur la plage, ce n'est rien à côté de moi.
On peut me traiter de coeur d'artichaut, ça m'est bien égal, les coeurs d'artichauts sont doux et parfumés, ce n'est pas une insulte. Me taxer d'inconstance, si on veut, ça ne me dérange pas.
Par contre, si quelqu'un est informé d'un quelconque texte présidentiel interdisant de tomber en amour à la vitesse maximum, qu'il m'en informe, svp: c'est pas le moment que je me fasse piquer mon permis de conduire.

dimanche, 23 avril 2006

décodeur

J'avais oublié que les femmes et les hommes (ou les hommes et les femmes , c'est comme on veut) sont équipés de logiciels légèrement différents.
J'avais oublié que ça n'a guère d'importance, que les points de rencontre sont des fois un peu fragiles, mais ils existent.
J'avais oublié que tout ça, ça veut dire qu'on respire, et c'est bien.
Que voir les palmiers se détacher sur le rouge du soleil levant, c'est quelque chose.
Et que se réveiller avec la dernière phrase de la nuit dans la tête, ça rend le printemps encore plus printanier.
D'ailleurs, ce soir, le parfum des fleurs d'acacia se glisse jusque dans le achélème.

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"Pond with M.Monet" Nancy H. Cole

mercredi, 19 avril 2006

mourir pour des idées

Il s'appelait Anderson Luiz Souza Santos: il était brésilien , militant syndicaliste et du parti des travailleurs. Tout jeune, il avait commencé à se battre pour l'indépendance de la classe ouvrière, dans son lycée et dans les favelas. En 1988, il avit été à l'initiative d'un rassemblement de jeunes, de femmes, de noirs pour répondre à l'appel de militants africains qui préparaient un tribunal pour juger les responsables de la situation catastrophique en Afrique. Ces denières semaines, il se battait pour négocier des accords au profit des ouvriers des entreprises Sadia et Rica. Et il devait drolement déranger certains, Anderson Luiz, parce que le 10 avril au matin, chez lui, à São João de Meriti, en allant prendre son bus, des gens sont passés qui lui ont mis plusieurs balles dans la tête.
Sa compagne s'appelle Aline, elle et leurs compagnons de lutte demandent une enquête: ne cherchez pas, vous ne verrez rien à la tv, Anderson était noir, et le Brésil, c'est bien connu n'a d'intérêt que pour les filles en string sur les plages.

dimanche, 16 avril 2006

insu, pardon résu rection

Donc c'est paques. Je commence à en avoir un peu ma claque, si je peux m'exprimer aussi vulgairement des fêtes obligatoires à base de jesus et tout ça. Mais bon. Je suis une fille bien élevée, alors ce matin, j'appelle mes (ex)beaux-parents: surtout que comme d'habitude, ma belle-mère a envoyé d'excellents chocolats. Le fiston profite du soleil, il fait un tour en vélo, la princesse digère sa révolution, fils ainé est à la maison, mais a du rentrer à des heures indécentes, donc discussion "femmes" avec la belle-mère.
Il faut dire que depuis son dernier passage ici, la belle-mère a décidé de se refaire une jeunesse, et a annoncé à tout le monde que si le beau-père veut stagner à la maison "comme un vieux", il n'en est pas de même pour elle, que, maintenant, elle profite: elle a 73 ans, mais il n'est jamais trop tard pour ces choses.
Devant ces excellentes dispositions, je me risque à lui glisser un mot sur chabadabada: non,je ne lui dis pas que avant-hier soir, il a débarqué à 20 heures (point fâché du tout pour ceux qui auraient suivi) et m'a "enlevée" jusqu'à 7 hoo hier matin, restons correcte.Je ne raconte pas non plus comment, après 2 whiskies (oui, je suis assez économique de ce côté), j'ai failli nous faire éjecter d'une improbable boite toulonnnaise parce que je débutais dans ma carrière de strip teaseuse devant l'homme aux yeux bleus et son meilleur copain (j'avais défait 2 boutons).
Je glisse juste qu'en ce moment, je "vois quelqu'un",et j'attends. Réponse: ben il est temps!!!!!!!(avec l'accent sarthois).
Pour résumer, j'ai l'autorisation , voire des encouragements de mon psy, de ma belle-mère, de mes enfants (on n'a jamais autant rigolé à la maison qu'en ce moment), vivement que l'homme revienne de son week-end pascal avec sa famille à lui!
Et les chocolats sont waouh!
Et le meilleur copain est en passe de devenir un des miens, j'avais oublié.

vendredi, 14 avril 2006

les loups et l'agneau

Hier soir, tarot chez R. En début d'après-midi, R. feuilletait fébrilement son carnet d'adresses, pour trouver un quatrième: en fin d'après-midi, T. m'apelle, je lui propose le tarot, c'est ok, il arrive.
J'avais juste oublié 2 ou 3 petites choses:
que T. est une sorte d'oiseau tombé du nid qui ne réagit pas toujours au quart de tour.
que R., lui, est un ex-routard qui a tout vu, et même ce qui ne se voit pas; qu'en plus, en tant que ami de longue dâte, R. me passe tout, même ce que je ne demande pas. (c'est quand même un homme qui, pour me présenter, dit:"si elle avait un cabinet d'assurances, je prendrais toutes mes assurances chez elle"...)
que J. , joueur de tout, belote, tarot, pétanque, vit dans une caravane, connait les plantes, la langue provençale, bref, c'est pas un rigolo!
La partie commence, T. parle beaucoup trop, se plante, mais ne l'admet pas; soupirs excédés des 2 vieux briscards qui me balancent des regards du genre "mais qu'est-ce que tu nous ramènes....?".Moi, perso, ça va, le rosé est bon et frais, R. a de bons disques, J. m'appelle sa "ninette".
Et pui, T. fait THE boulette, alors qu'il joue avec J. (et moi), il se met à jouer perso: déjà, dans une partie normale, c'est mal vu, mais là, avec les 2 autres, c'est carrément un crime. Il y a quelques siècles, je suppose que ça se serait réglé à coups d'escopette. Heureusement, cette époque est révolue, ne restent que les yeux pour foudroyer l'adversaire, que dis-je le félon.
Et puis, le jeu tourne (c'est comme la vie, tout ça), je m'autorise quelques audaces, et ....je gagne. J. est un tantinet vexé, mais apprécie en gentleman, R. comme d'hab, me couvre d'éloges.Dans ces cas-là, le citoyen lambda, encaisse et continue à jouer.Pas T., il se permet de contester MA victoire: erreur fatale.J. lui arrache son jeu des mains et lui démontre par a+b qu'il joue comme un tocard.
Bref, à une heure du mat, j'ai estimé que la mise à mort avait assez duré, regretté d'avoir refusé de jouer des centimes d'euros, parce que j'aurais gagné au moins 10 euros, et embarqué T, légèrement décomposé.
Si quelqu'un veut faire le quatrième pour la prochaine partie........?

mercredi, 12 avril 2006

sans titre

C'est l'histoire d'une personne à qui on n'avait pas appris à recevoir: une personne qui donnait tout ce qu'elle pouvait parce que c'est tout ce qu'elle savait faire.
Alors, quand un homme aux waouwchabada yeux bleus lui posait une question en forme de proposition très gentille, hop,les piquants se redressaient et elle l'envoyait paitre: mais elle ne se rendait pas compte tout de suite, alors, elle envoyait un texto pour s'excuser, mais le texto était tellement alambiqué que l'homme aux waouw etc doit encore se demander ce qu'elle veut exactement.
Heureusement, tout d'un coup, plein de gens qu'elle n'a pas vus depuis longtemps débarquent: et ces gens lui disent que tout s'apprend , et qu'on l'aime comme ça. Et ce soir, elle voit son psy qui va l'aider à démêler les fils.
Et heureusement, l'homme perplexe aux waouw etc n'a apparemment rien annulé.
Et depuis hier, elle a les cheveux rouges .
Elle devrait pouvoir s'en sortir.

dimanche, 09 avril 2006

la soirée

L'homme aux yeux bleus était pile à l'heure, tellement à l'heure qu'il a dû m'attendre, et c'est déjà un cadeau d'arriver en retard à un rendez-vous où on vous accueille avec le sourire. L'homme aux très beaux yeux bleus avait tout prévu, jusqu'à l'enlèvement final dans un endroit avec de la musique, et de la place pour danser. Comme à 20 ans.J'ai eu le temps de voir le début du jour vers Brégançon avant de sombrer.
Il y a maintenant pas mal d'années, j'ai été une petite fille qui grandissait: certainement aimée, d'un amour oppressant qui interdisait toute liberté, un amour névrosé .Je regardais la vie des autres par la fenêtre, et je n'avais même pas le droit d'ouvrir la fenêtre pour faire entrer l'air du dehors . Alors, le jour où j'ai pu m'échapper, la cuirasse de désespoir qui me protégeait malgré moi collée à la peau, j'ai tout fait, ou presque. Si les anges gardiens existent, celui qui me suit (le pauvre) a des ailles bien fournies: aucun excès n'était suffisant, il me les fallait tous, vite, pour combler le vide de ces années d'exil.
J'ai vieilli, j'ai pleuré, j'ai tremblé, j'ai appris à rire en même temps. la cuirasse s'est légèrement fendillée. Je suis certainement loin d'avoir tout compris à l'histoire. je peux encore courir après le bonheur, mais je sais une ou deux petites choses: comme par exemple de ranger dans un endroit secret les moments de plaisir, sans me torturer pour imaginer la suite.
R. vient d'arriver en vacances, c'était la bonne nouvelle suivante.

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