vendredi, 10 mars 2006
la vie et toute cette sorte de choses
Hier, j'ai participé à mon premier "groupe d'éducation révolutionnaire": non, on n'y apprend pas à fabriquer des bombinettes, ni à crier "mort aux patrons".Mais on se rappelle que le vieux Karl et quelques autres avaient bien raison.Que certains s'en mettent plein les poches grâce à ceux qui travaillent comme des larbins pour pouvoir payer leur loyer; mais, aujourd'hui, on ne dit plus "larbins", on dit "collaborateurs", "équipiers", bref, tout ça n'est pas un scoop.Mais retourner à l'école pour comprendre un peu mieux le fonctionnement de la machine infernale ne fait pas de mal.
Mais ça fatigue.
Alors, en rentrant, j'ai glissé dans le lecteur mon dernier emprunt à a la médiathèque:Les années Saravah. Pour certains, Barouh, ça doit sonner aussi ringard que Karl.Pas pour moi.
J'avais eu 20 ans la veille, et je me réveillais dans les bras du coup de foudre de mon anniversaire (3 ans de de vie commune, c'était un très joli coup de foudre). IL a posé le bras du tourne disques (et oui) sur " Fontaine, Areski et Higelin". je ne connaissais pas. La voix d'Higelin dans "remember". Le soleil qui entrait par la lucarne, un homme qui me donnait tout, et moi qui pleurais.Parce que je venais de comprendre que le monde est beau et que personne ne me l'avait jamais dit.
Depuis, il y a eu d'autres matins, d'autres hommes, avec ou sans coups de foudres, d'autres musiques.
Depuis, j'ai vu Higelin 7 ou 8 fois en concert, je l'ai même embrassé une nuit à sur un parking à Draguignan, Brigitte Fontaine sautille toujours autant, et le discret Areski Belkacem m'est comme un cousin éloigné à qui je pense avec tendresse.
Mais les couleurs du monde ont changé depuis le premier matin de mes 20 ans.
Heureusement, il y a leur musique.

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mercredi, 08 mars 2006
aujourd'hui

Non, ce n'est pas la "fête des femmes": d'ailleurs, il n'y a pas de jour pour faire la fête!
Au départ, le 8 mars commémore le jour de 1857 où des femmes , ouvrières du textile, avaient affronté la police àNew-York. En france, je crois que c'est Léon Blum qui avait décidé de célébrer ce jour, décrété auparavant "journée internationale du droit des femmes" par Clara Zetkin, journaliste scandinave.
Mais au-delà de l'aspect mercantil et télévisuel de la chose, on peut envisager une petite piqure de rappel pour se souvenir qu'il existe dans le monde:
desfemmes séquestrées, mutilées,
que chacun d'entre nous a dans son entourage, quartier, famille, travail, certainement au moins une femme battue, et qui se tait, parce que la peur, la honte.....,
que la prostitution reste une forme d'esclavage plus qu'un sujet de rigolade,
qu'au 21ème siècle, dans notre beau pays, un grand nombre de jeunes filles sait que si elles s'habillent un tantinet "léger", elles s'attireront des regards et des remarques insultants....
Et aux hommes qui me rétorqueront que pas mal d'entre subissent un peu le même genre de choses, je dirai que je le sais, que je (nous) me bats (tons) pour la liberté des femmes et des hommes, l'un ne va pas sans l'autre.
Mais je suggère une expérience, s'habiller en femme et rentrer dans un bar à clientèle exclusivement masculine, un soir de match!
P.S.pour ce qui est de cette dernière suggestion, je sais, pour l'avoir entendu d'amis point trop "virils" que l'homme blanc, hétéro, et fier de l'être, ne fait de cadeau à aucune différence...
Je me souviens d'un livre paru dans mes années héroïques (!) aux éditions "des femmes", qui s'appelait; La petite différence et ses grandes conséquences.
Bonne journée à TOUS!
12:06 Publié dans no pasaran! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
lundi, 06 mars 2006
chienne de vie
Le chat est arrivé, non, il n'y a pas de photos, il faut que j'équipe mon portable de je ne sais plus quoi, ça attendra. la princesse préparait son sac (départ pour la révolution!), elle lui a expliqué qu'elle n'y pouvait rien, mais qu'elle n'aimait pas trop les chats: résultat, il est tombé fou d'amour pour elle immédiatement.Tous les mêmes.Il a déjà viré un de mes plants illicites, ce chat n'est pas pour la dépénalisation.
Mon jean préféré a succombé, déchirure sous la fesse gauche: très tendance, mais je suis un peu has-been, je vais m'en acheter un autre.
Demain, je vais manifester, en province, les manifs ont lieu le matin, faut se lever. En prime, je vais certainement affronter l'ire de notre cher secrétaire départemental, par les temps qui courent, c'est très mal vu d'accuser l'appareil syndical de complaisance. Et pourtant.
Serge Gainsbourg n'aurait pas du mourir.
19:37 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
dimanche, 05 mars 2006
au revoir
Août 1962, à Blida, en Algérie: nos parents ont fini par accepter l'idée que ce pays n'était plus le leur. Les mitraillades ont remplacé les youyou des femmes, les adultes emploient des mots bizarres comme "couvre-feu", "indépendance", on ne me raconte pas, mais je sais.Je vais avoir 7 ans, j'entends les larmes, les cris, un frère de ma grand-mère a été tué, je sens la mort, je ne sais pas bien ce que c'est mais je sais que c'est inquiétant.
Le soir, j'écoute la tsf sur le gros poste de mon grand-père, je ne comprends toujours pas mais j'évite de poser trop de questions, le grand-père a l'air tellement triste.
Je revois le visage de ma mère s'éclairer parce que mon père lui dit qu'"on va rester": je la vois pleurer parce que mon père vient d'être enlevé (plus tard dans la journée, "ils", je ne sais pas trop qui, le relâcheront).
Et puis, tout s'est précipité, de nouveaux mots ont envahi les conversations: bateau, avion, départ.Les meubles ont commencé à s'entasser dans la cour, les voisins viennent embrasser ma grand-mère en pleurant (entre temps, le grand père est parti pour de bon): dans le couloir , une petite foule s'entasse , qui se lamente en arabe et en français.
Un jour, ça y est, on m'explique qu'on va partir en france en bateau: moi, je suis plutôt contente, c'est l'aventure. Mais il y a les animaux. le grand-père était un gars de la campagne , il recueillait tout ce qui passait, à poils ou à plumes.Pour les pigeons, ça a été simple, il a suffi d'ouvrir le pigeonnier; les poules, je ne sais plus, je suppose qu'elles auront contribué à l'élaboration de quelques couscous. Mais il y a le chien et le chat: certains (je le saurai plus tard), ont choisi d'abandonner une partie de leurs bagages pour amener avec eux leurs animaux.
Nous sommes une famille un peu nombreuse, il y a la grand-mère, les parents, le frangin et moi.Plus de place.
On m'explique qu'une dame, une anglaise, a ouvert un refuge (vers Oran, je crois) pour recueillir les animaux de ceux qui partent.
La scène est incroyablement claire: mon père accroupi dans le couloir me disant de dire au revoir à Macaque, le chat et au vieux Médor.Je ne crois pas avoir pleuré, il me semble que personne ne pleurait, maintenant, je pense qu'ils se retenaient devant moi.
Mais je sais que c'est à ce moment précis que le départ du pays a eu lieu pour moi. Pourtant, j'étais une gamine, je ne savais pas qu'il n'y aurait plus jamais de jeux avec le chien dans la cour, que je ne verrais plus le chat guetter le retour de ma grand-mère sous l'oranger, que les rires mettraient du temps à revenir, qu'en France, l'épicière du quartier me regarderait d'un air méprisant.
Pour moi, le départ du pays natal, c'est un chien et un chat qu'on met dans une voiture: ce sont des voix qui me disent qu'ils vont être bien.
C'était ma première vraie séparation.
22:30 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
vendredi, 03 mars 2006
Bansai
Voilà, c'est réglé. Lundi, je rejoindrai la très respectable confrérie des blogueurs(ses) munis de félins.Des mois de négociations durement menées, des oppositions diverses basées sur des histoires de litière qui pue (Fiston), de poils partout (la princesse), des suspicions de sénilité précoce et maternelle (Fils ainé).J'ai fermement travaillé le sujet jusqu'à ce qui fils ainé se mette à jurer que, si un gamin du quartier touche "notre" chat, il l'étripe (le gamin), que lq princesse lâche du bout des lèvres "oui, mais un noir, alors", et que le Fiston envisage la mise en place d'activités ludiques et félines, légèrement préoccupantes pour l'avenir de mes rideaux et plantes vertes. Rien n'est parfait.
C'est une petite chose de 4 ou 5 mois, grise et blanche (la Princesse s'est fait accuser de xénophobie féline, elle est allée se coucher) .Quelqu'un l'a trouvé et l' a apporté chez le veto.Quand nous sommes allés le voir, avec le fiston, on nous a d'abord fait descendre en sous-sol, j'ai bien vu que même le Fiston commençait à faiblir; quand nous sommes arrivés devant la cage, une vraie, plutôt petite, avec des barreaux, j'étais prêt à adopter les yeux fermés ce qu'il y avait derrière.La jeune femme a ouvert la porte, et là.Une adorable petite bestiole est sortie en ronronnant et est venue se faire caresser. Affaire classée, mais il faut attendre lundi,ils laissent encore 2 jours à des personnes susceptibles de le chercher; peu probable, l'annonce est publiée depuis 3 semaines.
Ce soir, donc repas de gala pour écouter le récit de la révolution estudiantine aixoise, et surtout pour baptiser la bête.J'étais pour Léon, rejeté à l'unanimité; la princesse a suggéré "Gizmo", ses frères ont hurlé, je n'ai pas eu le temps d'en placer une; et puis, recherche collective et survoltée dans les listes du net. Finalement, la section masculine l'a emporté: ce chat sera une sorte d'aventurier d'appartement et se nommera: Bansai (sans tréma).

22:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

